Est-ce qu’on ne serait pas en train de tourner en rond ?

Ce matin, un très bon article dans Libé intitulé La droite explose les codes du travail, nous explique que  :

Temps de travail à rallonge, licenciement facilité, syndicats court-circuités… De Juppé à Sarkozy, les candidats à la primaire à droite vont bien plus loin que la loi El Khomri, déjà contestée par la majorité des Français.

En somme, les français, qui sont une immense majorité à se dire opposés à la loi El Khomri (si on en croit les sondages), s’apprêtent à élire un candidat qui s’apprête à aller encore un peu plus loin (mais pas très loin quand même, il faut bien le dire) dans la libéralisation  du code du travail.

Cohérence, quand tu nous tiens…

Au passage, puisque dans notre pays on appelle « libéral » tout et n’importe quoi (article à venir sur le libéralisme), un édito très intéressant de Gaspard Koenig sur le programme de Juppé, qui se termine par :

C’est en ce sens qu’Alain Juppé reste prisonnier des schémas de pensée du XXe siècle industriel et incarne un libéralisme que les Français ont bien raison de rejeter : pusillanime et injuste. Il est temps de construire le monde de demain avec les hommes de demain.

Lire l’article : Alain Juppé, un trop peu de libéralisme

 

Pauvre Finkielkraut (misère de la vie d’intellectuel)

C’est arrivé à Finkielkraut, mais ça aurait pu arriver à n’importe quel habitué des plateaux télévisés : développer pendant plusieurs minutes une idée totalement débile et vide de sens. Voici la vidéo :

 

Mais je ne suis pas ici pour accabler ce pauvre type. Au contraire, je ne vais même pas commenter le contenu de son discours. Sur ce thème, personnellement, s’il y a une chose qui m’a choqué, c’est qu’on ait mis en avant que Londres avait élu un maire musulman. En revanche j’ignorais totalement que son adversaire était juif… A ma connaissance aucun des médias que j’ai l’habitude de consulter n’a mentionné ce fait.

Revenons au sujet. Le sujet, c’est la lamentable qualité des prestations dont peuvent se rendre coupable, parfois (souvent),  des intellectuels comme Finkielkraut.

C’est assez surprenant car, que l’on aime ou pas l’homme ou bien ses idées, il est d’un bon niveau, cultivé, capable d’argumenter et de penser… bref, on n’est pas en face d’un journaliste ou d’un chroniqueur de base.

Pour essayer de comprendre, mettons-nous un instant à sa place : tu gagnes (confortablement, j’espère) ta vie en vendant tes idées et tes bouquins. Tu as besoin de la télé et de la radio pour que les gens te connaissent, et qu’ils aient l’occasion de te trouver intéressant. Pour cela il faut que tu sois invité, donc que tu sois un « bon client », qui fasse de l’audience. Pour cela, il vaut mieux avoir toujours un truc un peu spectaculaire et frappant à raconter. Ca passe mieux. Alors tu te creuses à chaque fois pour réussir ton petit numéro devant les micros ou les caméras.

Si tu es un peu brillant, ça se passe généralement pas trop mal.  Mais des fois, vraiment, t’es à court d’idées alors tu prends la première qui te traverse l’esprit. Et là, tu n’es plus à l’abri de te ridiculiser. Un passage à vide, un petit manque de recul, et hop ! Tu tombes dans le piège, et tu te couvres toi-même de pipi.

Pauvre Finkielkraut !

 

 

49-3 mon amour

Ca y est, ça recommence : le gouvernement a recours à l’article 49- alinéa 3 de la constitution. Alors le choeur des « vrais démocrates » et de tous ceux qui contestent (même s’ils ne savent pas toujours au juste pourquoi) se fait entendre dans les médias et sur Facebook. C’est le grand feuilleton « Nuit debout contre le 49-3 ».

Au passage, une chose me frappe : une bonne partie des gens que je vois râler contre le 49-3 « parce que c’est pas démocratique » sont aussi ceux qui argumentent que ça sert à rien de voter « parce que c’est biaisé et donc ça sert à rien »… Je ferme la parenthèse, c’est pas le sujet du jour.

Bref… C’est le psychodrame et la crise, et tous les vrais démocrates se mobilisent contre le 49-3. Evidemment, on ressort des archives les commentaires de François Hollande à l’époque où il était dans l’opposition, et où il nous expliquait d’un air offusqué que le 49-3 c’est la dictature. Et on a bien raison d’arroser l’arroseur. Voui, c’est plutôt rigolo je trouve moi aussi. C’est bien fait pour lui. Quand t’as dit une connerie (parce que c’en était une) c’est normal d’être puni).

Moi, au final je suis plutôt content qu’une fois Président il ait changé d’avis. Parce que en fait, je trouve ça bien le 49-3.

Pourquoi ? Parce qu’on paye le gouvernement pour gouverner, et que le 49-3 est l’un des moyens prévus par la constitution pour lui permettre de le faire. Voilà, c’est mon avis.

Maintenant, l’explication du pourquoi de cet avis que je trouve tout à fait excellent.

D’abord, peut-être, pour se mettre au niveau, rappeler ce que c’est, le 49-3. Ca tombe bien, c’est un texte pas long du tout, et facile à comprendre. Le voilà :

Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale.

Dans ce cas, ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent.

Le Premier ministre peut, en outre, recourir à cette procédure pour un autre projet ou une proposition de loi par session.

Oui tu as bien lu : un seul projet de loi par session… avec ça tu ne vas pas très loin. C’est une limitation qui a été introduite en 2009. Auparavant, le gouvernement pouvait utiliser le 49-3 autant de fois qu’il le jugeait utile. Moi je trouvais ça mieux, mais bon.

Et puis tu as bien lu comme moi : utiliser le 49-3, c’est « engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée Nationale ». Ca veut dire que, lorsqu’il utilise le 49-3, le gouvernement accepte la possibilité d’être renversé, s’il est mis en minorité par une motion de censure.

Ca arrive rarement, mais c’est déjà arrivé, à Georges Pompidou, en 1962… Il a donc démissionné avec son gouvernement, comme il y était obligé. Mais de Gaulle l’a nommé premier ministre de nouveau et a provoqué des élections. Et là, surprise ! Il a gagné. Alors c’est vrai que depuis cet épisode, les députés y réfléchissent à deux fois avant de renverser un gouvernement. Mais bon, ils peuvent. S’ils trouvent que la démocratie est en danger, par exemple.

Au final, je trouve ça plutôt bien. On élit une majorité, on lui donne les moyens de gouverner pendant la durée de son mandat, et si elle est nulle on en change la fois d’après. Même si, je sais, parfois il est difficile d’élire une majorité qu’on ne trouve pas trop nulle. Mais ceci est une autre histoire.

Résumons : en bref, on peut dormir sur nos deux oreilles. Il me semble que nos libertés ne vont pas s’envoler à cause du 49-3 et que la démocratie n’a pas vraiment de plomb dans l’aile à ce stade.

La critique selon laquelle le 49-3 est un déni de démocratie existe depuis l’origine. C’est vrai que c’est une particularité de notre constitution qui n’a pas son équivalent dans d’autres pays (je vous rappelle au passage la Constitution été adoptée par référendum en septembre 1958 par plus de 82% des français, donc pas vraiment en catimini). Mais revenons un peu en arrière : au début de la Cinquième République, on sortait de la Quatrième République, elle même précédée par la Troisième, elle même pas du tout précédée par la Seconde. Ces deux Républiques-là (la 3ème et la 4ème) étaient super agaçantes en réalité parce que les parlementaires s’amusaient à un petit jeu qui s’appelle l’obstruction et qui rendaient la France un peu difficile à gouverner. Mais si ! Tu t’en souviens, c’était au programme d’histoire. Bref, en résumé, une bonne partie des français rêvaient d’un pays qui fonctionne…

C’est la raison pour laquelle on a voulu trouver un système un peu efficace, qui permette au gouvernement de ne pas être empêché de gouverner, et c’est de Gaulle qui s’y est collé (oui tu t’en souviens aussi, c’était au programme).

De Gaulle n’aimait pas du tout les parlementaires. Ce qu’il aurait bien aimé mettre dans la constitution, c’est le moyen de faire des référendums tout le temps, comme ça on consulte le peuple et on emmerde les députés.

Mais en fait, même si c’est cool le référendum, la démocratie directe et tous ces trucs là, c’est un moyen de gouverner un peu lourd à manier, et dangereux, y compris pour la démocratie, quoi qu’en pensent tous les gens ces temps-ci qui ne jurent que par la démocratie directe (article à venir; j’ai une furieuse envie de me payer Michel Onfray et Etienne Chouard, sur le sujet).

Pas si buté qu’on le prétend, de Gaulle a fini par écouter ceux qui lui conseillaient d’y aller mollo avec le référendum (qui fait l’objet de l’article 11 de la constitution, lequel se trouve ici : Légifrance – Constitution du 4 octobre 1958 – Article 11)

A la place, ils ont mis au point, entre autres, le 49-3. Un moyen de permettre au gouvernement de faire passer ses lois sans obstruction parlementaire. Parce que la pire des situations dans un régime parlementaire, c’est quand les députés empêchent le gouvernement de faire son boulot, sans proposer d’alternative…. Là les choses sont claires : si la majorité des députés trouvent que la loi est inacceptable, ils votent la motion de censure, et hop ! Plus de gouvernement. Donc il faut proposer autre chose…

Voilà voilà. Moi je trouve ça très bien, tout à fait démocratique et relativement efficace. Je suis un partisan du 49-3 ! (même dans les cas où je ne suis pas partisan de la loi qui en fait l’objet. Ce sont deux sujets distincts. Si tu changes d’avis sur le 49-3 en fonction des circonstances, tu finis par avoir l’air aussi couillon que Hollande lorsqu’il raconte que c’est un « déni de démocratie ».

 

D’ailleurs, tu connais le recordman absolu de l’usage du 49-3 ? Surprise, c’est pas un dictateur en herbe : c’est Michel Rocard, qui y a eu recours 28 fois, soit à lui tout seul près du tiers des cas de 49-3 dans l’histoire… En seconde positions du classement, loin derrière, viennent Jacques Chirac et Edith Cresson, avec seulement 8 recours au 49-3.

Rocard. Notre Mussolini.

Voilà, j’ai fait mon coming-out : le 49 alinéa3 je trouve ça bien. Je me sens mieux.

Même si, juste en terminant cet article, je tombe sur celui-ci publié par le Huffington Post qui est vraiment clair, complet et qui m’aurait épargné l’écriture de ce billet si je l’avais lu plus tôt : L’article 49-3, cet outil de la Constitution si utile et si critiqué.

Pour finir, un petit bonus pour rire (jaune), l’argumentation incohérente de Jean-Luc Melenchon, qui mériterait un article à elle seule tellement elle est bourrée de réthorique et d’arguments fallacieux. Sauf quand il rappelle à quel point Hollande et Valls ont changé d’avis sur ce bel outil qu’est le 49-3…

 

 

 

 

 

 

Manager ? Couche avec tes jeunes collaborateurs, ils n’attendent que ça.

Aujourd’hui c’est la fête à Denis Baupin. Quand vous lirez cet article vous aurez peut-être déjà oublié, mais ce matin, 9 mai 2016, c’est l’ébullition en France, car Médiapart et France Inter ont publié les témoignages de huit femmes racontant comment elles ont été victimes de harcèlement sexuel de la part de Denis Baupin. Résultat : il a démissionné de son poste de vice-président de l’Assemblée, et France-Info a pu tourner en boucle toute la journée. Et les écolos sont tout retournés d’avoir eu un chef comme ça. Et tout le monde donne son avis sur la question. Et c’est vraiment une grande journée de vacuité journalistique car sur un tel sujet, que peut-on dire d’intelligent ? Je vous le demande.

Alors voilà, moi je vais essayer de remonter un petit peu le moral de ce pauvre Denis qui doit passer une vraiment sale journée. Oui Denis, j’ai une bonne nouvelle pour toi : si tu te débrouilles bien tu vas pouvoir continuer à harceler sans risque. Je le sais puisque je viens de tomber sur un article du Figaro qui nous apprend que  :22% des jeunes «prêts à user de leurs charmes» pour réussir en entreprise, selon un sondage. T’imagines ? Un jeune sur 5 se laissera faire sans broncher.

Enfin, si on en croit l’article.

Parce que justement trouve cet article très étonnant. Et même fascinant, pour deux raisons : le traitement « journalistique » d’abord (si on peut encore appeler ça journalistique); la vacuité du thème ensuite.

Le traitement journalistique, pour commencer… Je vous laisse regarder l’animation. Je vous reprends après.

Pour voir la page complète, c’est ici : 22% des jeunes «prêts à user de leurs charmes» pour réussir en entreprise, selon un sondage

Premier motif d’étonnement : au lieu de rédiger un article de 15 lignes pour parler de ce petit sondage, les têtes pensantes du Figaro ont préféré nous proposer cette animation super lente, qui réussit l’exploit de nous obliger à prendre près de 2 minutes pour lire trois phrases. Que s’est-il passé dans leur tête ? Abus de drogue ? Déprime passagère ? Pari entre collègues ? La vidéo est réalisée avec un truc qui s’appelle Wibbitz, un espèce d’outil pour fabriquer des animations en quelques clics… Et qui donne un résultat qu’un ado de base trouverait trop nul pour oser le partager sur son mur Facebook. Déjà, rien que ça, c’est déroutant.

Et puis vous avez remarqué ? Le truc n’est pas signé. Il apparaît dans la fubrique « Flash Actu » (donc à priori pas une rubrique avec des animations,mais plutôt l’endroit du site où les articles sont pudiquement signés « Le Figaro avec AFP », ce qui signifie qu’un stagiaire du journal a l’amabilité de nous copier-coller les dépêches AFP tout au long de la journée…). Pourquoi cet article à cet endroit ? Mystère et boule de gomme.

Là où ça devient une leçon de journalisme, c’est que nulle part le Figaro  ne se donne la peine de nous indiquer qui sont « les jeunes ». On sait qu’ils ont entre 18 et 24 ans, mais où ont-ils été trouvés ? Comment ont-ils été sélectionnés ? On ne sait pas non plus combien d’entre eux ont été interrogés. Ni quand, ni de quelle manière. On n’a pas la liste des questions posées, juste deux questions sorties de tout contexte. Nulle part on ne nous explique ce que signifie « user de leurs charmes »… Ca arrange bien le journaliste (enfin, son rédacteur en chef en tout cas) qu’on pense que 22% des jeunes sont prêts à coucher, alors le reste on s’en fout un peu. Et puis de quoi il se plaint le lecteur ? Ca ne lui suffit pas d’avoir des lettres qui bougent ? Il veut quoi ? Des infos peut-être ? Il se croit où ?

Bon. Moi je ne m’en fous pas tant que ça. Alors pour en savoir plus, je vais sur le site Opinion Way… Et là, surprise : nulle trace de la publication en question sur la page des « dernières études publiées » ni nulle part ailleurs… Chou blanc. Echec.

En même temps, on peut comprendre. Si vraiment Opinion Way a réalisé un sondage aussi consternant, ils n’ont pas intérêt à en faire la publicité, s’ils veulent garder un semblant de réputation de boite sérieuse.

En effet, je ne suis pas un grand fan de Bourdieu, mais il avait tout à fait raison lorsqu’il nous rappelait que lorsqu’on pose une question débile, les gens sont généralement assez gentils pour fournir une réponse. Si je me souviens bien, Bourdieu prenait pour exemple (très frappant, c’est pour ça que je pense m’en souvenir): des sondages électoraux réalisés auprès de paysans d’Anatolie… qui ne savaient même pas que la Turquie était devenue une République… alors quand on leur demandait pour qui ils allaient voter, forcément…

Toutes proportions gardées, je trouve qu’avec cet article. Enfin, cette animation si vous préférez, on est un peu dans la même situation : ça veut dire quoi, l’opinion des « jeunes de 18 à 24 ans » sur le monde du travail et sur les qualités qui permettent de réussir ? C’est un peu comme si on interrogeait les coréens du Nord sur l’opportunité de construire un aéroport à Notre-Dame des Landes, ou un panel de centenaires sur les dernières évolutions de Snapchat.

Honnêtement, sur le sondage, je ne peux pas dire grand chose de plus, car si ça se trouve cette question est malgré tout tirée d’une étude réalisée plutôt correctement, sur le thème, par exemple, de la manière dont les jeunes se représentent l’univers professionnel… après tout pourquoi pas ? Je retournerai voir sur le site Opinion Way dans quelques jours, au cas où un lien vers l’étude ait été posté.

Ce qui me désole surtout dans cette histoire, c’est de voir le principal quotidien français reprendre ces « infos », sans recul, sans commentaire, sans le moindre élément de contexte, et surtout avec cette présentation folklorique… A moins d’un an de la prochaine élection présidentielle, ça fait un peu peur sur la capacité du Figaro à nous présenter correctement la pluie de sondages qui ne va pas manquer de nous tomber dessus…

Il paraît qu’on vit à l’époque du datajournalisme. Apparemment il y a des exceptions.

Parfois, au détour d’un journal, on trouve un truc comme ça : vide de sens, sans fond, sans forme. Aujourd’hui vient de naître sur ce blog la rubrique « Ovnis folkloriques » dans lequel je recenserai ces articles venus nés aux confins du vide sidéral du cerveau embrumé d’un journaliste très fatigué. Oui. On va dire fatigué. Même si j’ai du mal à imaginer le degré de fatigue qu’il me faudrait atteindre pour publier de telles inepties.

Je dois être fatigué aujourd’hui moi aussi. Ou bien naïf : il m’a fallu plusieurs heures pour envisager un début d’explication à la présence de cet article. Je ne vois que celle-ci:  la pub.

Démonstration :
Titre racoleur + vidéo = une publicité regardée par des internautes = un peu d’argent…

CQFD. A ce stade, je ne vois pas d’autre explication.

Mais bon, je suis ouvert aux suggestions….

Mais de quoi ça va parler ?

Tu te souviens de l’époque des blogs perso ? Bienvenue. C’en est un ! Je ne vais pas parler de cuisine ou de fashion, rassure-toi (même si je cuisine très bien).

Le sujet il est un peu plus difficile à expliquer que ça. Tu verras bien si tu reviens, mais disons que tous les jours je lis le journal (comme toi peut-être), et même plusieurs journaux. Et après je lis les commentaires sur les articles. Et aussi je lis attentivement mon fil Facebook, avec les avis de mes relations, et les « infos » qu’ils partagent. Honnêtement, ça fait un peu peur. Et c’est pour ça que j’ai envie de réagir.

Je ne suis pas en train de parler des infos fausses qui circulent un peu partout. C’est désolant qu’autant de gens gobent n’importe quoi, mais Hoaxbuster fait tout le boulot de manière excellente pour rétablir les faits.

Je parle plutôt des commentaires, des raisonnements, de la manière dont les infos sont présentées. De la manipulation grossière dont tant de gens sont les victimes volontaires. Et aussi, parfois, de la manière hallucinante dont les journalistes présentent l’information. Voilà. C’est ça en gros le sujet.

Quelques précisions importantes (à mes yeux en tout cas) :

Précision importante 1 : je ne crois pas qu’il existe un complot mondial

Organisé par les sales capitalistes (ou juifs ? ou banquiers ? ou francs-maçons ? j’ai jamais réussi à comprendre). Tous ces gens là sont bien trop nombreux pour mettre au point un complot mondial, à mon avis. Et ils ont autre chose à faire.

Précision importante 2 : je ne crois pas non plus que les médias nous mentent

Enfin, pas tout le temps. Des fois, les pauvres, ils sont paumés alors ils racontent n’importe quoi. Mais non, ils ne sont pas au service des puissances de l’argent.  Je ne crois pas à ce genre de conneries. Il suffit de connaître quelques journalistes pour voir que globalement ils ne sont pas « aux ordres ».

Evidemment, il y a des jours où la première page du Figaro fait un peu rigoler. C’est normal, c’est un journal d’opinion alors parfois, ils se font un peu plaisir pour plaire à leurs lecteurs.  Mais ça n’est pas ce que j’appelle « nous mentir ». Il y a aussi des jours où Médiapart fait un peu rigoler, pour les mêmes raisons.

Précision importante 3 : je ne crois pas que les politiciens sont tous pourris et corrompus

Il y a des politiciens pourris. Et de la corruption, tout le monde le sait. Et il est clair que lorsqu’un politicien utilise sa position d’élu ou les facilités offertes par le mandat qu’on lui a confié pour magouiller, c’est une circonstance très aggravante.

Mais j’ai la très nette certitude que la corruption et la malhonnêteté sont comme la connerie : elles sont également réparties dans toutes les catégories de la population.

Si le sujet vous intéresse, vous devriez lire « Les lois fondamentales de la stupidité humaine », de Carlo M.Cipolla. Cet ouvrage excellent prouve sans contestation possible que la proportion de cons est la même dans tous les groupes de la population humaine.

Voici le lien Amazon (oui, si vous l’achetez je vais toucher douze centimes).

Ma conviction est que la malhonnêteté est comme la connerie : il y a le même pourcentage de cons (et de malhonnêtes, qui ne sont pas nécessairement les mêmes individus) chez les politiciens, les curés, les banquiers, les écologistes, les homosexuels, les féministes, les gauchistes, les sportifs, les chanteurs, les gens sympa, les blonds, les psychologues, les cuisiniers, les agriculteurs, les flics (oui, même eux), les Zadistes, les huissiers… Bref. Partout.

Vous noterez au passage que si on admet ce théorème, il en découle que le système politique n’est pas plus pourri par la corruption et la malhonnêteté que les autres secteurs de la société. Je pense que c’est

J’insiste un peu, parce que le discours « tous pourris », qui s’épanouit en ce moment dans toutes les couches de l’opinion (du FN aux altermondialistes, des Zadistes, est l’une de ces idées contre lesquelles j’ai bien l’intention de lutter avec mes pauvres moyens.

Précision 4 : il y a des gens que je n’aime pas du tout.

Selon moi ils font partie des gens malhonnêtes ou bien cons, qui racontent sciemment n’importe quoi et sont pourtant très écoutés. Je pense à certains politiciens évidemment, comme Nicolas Sarkozy ou Marine le Pen, ou encore Jean-Luc Melenchon. Je pense aussi à pas mal d' »intellectuels ».  Parmi les champions de la désinformation que je n’aime pas du tout, il y a aussi des gens « sympas ». Comme le Petit Journal. Qui selon moi est souvent une émission toxique. Et Médiapart, souvent, même si parfois c’est un journal qui joue un rôle utille. Bref. On ne va pas tout déballer tout de suite…

(Cette précision 4 a son importance, parce que forcément je vais pas mal parler de ces gens. Parce qu’ils m’énervent).

Précision 5 : je suis gentil mais ce blog ne l’est pas

En hommage à Hara-kiri, un « journal bête et méchant » que mes parents lisaient quand j’étais enfant, et dont la plupart des articles ne pourraient plus être publiés aujourd’hui, pour cause de politiquement correct. (tout comme le titre de ce blog. Fred-r hebdo, en hommage à un autre journal héritier spirituel – au sens de drôle, mais pas seulement – du précedent)

Et puis parce que j’aborde des sujets qui m’agacent profondément. Et puis parce que c’est comme ça.

Bon voilà je n’ai plus envie d’écrire aujourd’hui, je vais aller bosser maintenant. Et pour la suite on verra bien. Je me dis que dans le prochain article chiant où je m’explique il faudra que je dise deux ou trois choses sur la démocratie. Comme quoi cette rubrique porte bien son nom.

Sinon, l’idée c’est de publier au fil de l’eau, quand je verrai des trucs qui me paraissent dignes d’être signalés. On verra bien où on va. Enfin. Où je vais, surtout.